LA LISTE ORANGE

1ere

Présentation

Séverine Marsat est tuée par balle dans un quartier calme de Sète. Elle était au volant de sa voiture. À Béziers, Stéphanie Vaucouleurs rentre chez elle. Pendant son absence, un terrible drame s’est produit.

Une moto : voilà le seul indice qui relie ces deux affaires d'homicide que le commandant Bourguignon est chargé de résoudre. Les tueurs ont frappé avec une précision machiavélique, en faisant preuve d'un effrayant sens de la mise en scène.

Dès lors, une véritable course contre la montre se met en place entre le policier et les tueurs prêts à continuer… Comment éviter le pire ? Qui sera la prochaine victime ?

LA LISTE ORANGE est le huitième ouvrage de Marco Libro. Un roman accrocheur, mené à un rythme effréné, dont l’inspiration prend sa source dans l’histoire cruelle d’un un pays asiatique dévasté par la guerre.

LA LISTE ORANGE

1 / Motards

À Sète.

L’homme porte une combinaison noire de motard, un casque intégral sur la tête. Il vient d’envoyer un texto :

“Prépare-toi”.

Il court vers un complice qui l’attend quelques mètres plus loin, assis sur sa moto, dans une tenue identique. Sa voix est à peine audible.

— Le portail s’ouvre.

Il range son téléphone portable dans la poche droite de son blouson.

— Monte, vite ! dit le pilote de la moto.

L’homme grimpe sur la place arrière de la grosse cylindrée et abaisse la visière de son casque. Pendant qu’il s’installe, le cliquettement du démarreur électrique résonne dans l’impasse des Tamaris où ils s’étaient dissimulés. Le pilote ne pousse pas les gaz. Il ne donne aucun coup d’accélérateur bruyant pour lancer le moteur, comme le font souvent les propriétaires de gros cubes. Il enclenche la première, le claquement caractéristique de la marque de moto se produit. Il relève doucement la poignée d’embrayage. Le coup d’accélérateur se veut très discret. La moto avance au ralenti jusqu’à l’intersection avec la rue Jean Vilar. Juste à ce moment, à une vingtaine de mètres plus loin, une Mégane coupé bleue sort d’une villa, vitre de la portière abaissée. Le portail automatique se referme lentement après que la voiture a franchi le seuil. Une femme, seule dans la voiture, conduit.

La filature commence.

Le passager de la moto introduit sa main droite dans son blouson dont la fermeture Éclair est à demi- ouverte.

Séverine Marsat se rend à son dernier rendez-vous de permanence programmé sur son agenda : une rencontre avec le représentant des vignerons coopérateurs de l’Hérault. En tant que petite fille de viticulteur et députée ayant participé aux travaux sur la reconversion du vignoble en agriculture biologique, elle est l’interlocutrice compétente qui saura utiliser ses atouts : sa position actuelle d’élue de la République, des relations dans la Commission européenne, une bonne connaissance du terrain… Cette femme expérimentée, proche de certains ministres, maîtrise parfaitement son dossier. L’entrevue ne devrait pas durer trop longtemps, d’autant moins que sa collaboratrice a bien préparé le dossier.

Après cet entretien, le temps des vacances sera enfin là, bienvenu. La saison parlementaire aura été riche et mouvementée, comme il se doit. Pas toujours facile de se faire entendre dans l’assemblée, que l’on soit de la majorité présidentielle ou non et surtout quand on est une femme. Mais tout ne se joue pas dans l’hémicycle. Par habitude, elle conduit sa voiture prudemment : les rues du mont Saint-Clair sont étroites, certaines très pentues. Le croisement d’une voiture et d’un véhicule de plus gros gabarit peut s’avérer délicat, surtout quand ce dernier est prioritaire, dans le sens de la montée. Le fond de l’air est doux, le ciel azuré est totalement dégagé.

Elle actionne la commande pour décapoter son cabriolet. En ce milieu de matinée, les embouteillages se sont dissipés. La circulation est fluide. Elle ne mettra pas longtemps pour se rendre à son bureau. Elle ralentit au rond-point de la rue Jean Vilar et se dirige vers la Grande Rue Haute pour laisser passer une camionnette blanche, dont la conductrice semble indécise. Par prudence, elle stoppe sa voiture à embrayage automatique au niveau du panneau “cédez-le-passage” et garde son pied droit sur la pédale de frein. La capote est maintenant totalement repliée. Le soleil inonde l’habitacle. Sa luminosité matinale l’oblige à plisser les paupières. Elle profite de cet arrêt pour chercher ses lunettes de soleil dans son sac à main posé sur le siège passager.

Finalement la conductrice de la camionnette opte pour continuer tranquillement sa route sur le rond-point. Séverine Marsat, respectueuse du code de la route, la laisse passer. Une moto de grosse cylindrée s’arrête à sa hauteur. Elle la remarque à peine. Elle a trouvé ses lunettes et en déplie les branches. Son geste est interrompu au son d’une détonation. Elle s’affale sur le siège passager, à peine retenue par la ceinture de sécurité, foudroyée par la balle qui lui a traversé le crâne. Dans la demi-seconde qui suit, une seconde déflagration fait vibrer l’air encore tiède du matin.

Le motard démarre immédiatement, mais sans précipitation. Il va se perdre dans le dédale des rues de “l’Île Singulière1”. Le cabriolet, aidé par la pente descendante, repart automatiquement. Lentement. Il termine sa course en percutant le muret bordant la Rampe des Arabes, dans un bruit de tôles froissées et de plastique cassé.

Deux secondes auront suffi aux assassins pour commettre leur crime et s’enfuir.

Roman Policier

304 pages, format 12,5 x 19,5 cm, 16,00 €

Couverture :

Impression quadrichomie sur fond noir, pelliculage brillant.

Feuillets :

Impression noir et blanc recto verso, Papier bouffant blanc 80g, Reliure dos carré avec mors latéraux collés, double rainage d'aisance.

Imprimé en FRANCE

ISBN 978-2-9538372-9-2

Dépôt légal mai 2020

éd Marco-Libro