Présentation
Quelques mauvaises décisions peuvent bouleverser considérablement des vies. Un geste malheureux, une parole maladroite, une dissimulation qui voudrait sembler anodine aux yeux de son auteur à l’ego démesuré. L’effet papillon…
Au départ, une dispute banale entre deux post-adolescents dont le motif apparent semble tellement futile… Ensuite, une série de décisions impensables, aux conséquences calamiteuses.
Évidemment, quand on déguise la vérité, tout se complique, surtout lorsqu’on a affaire au commandant Bourguignon et à sa perspicace équipe.
Hérédité, le 13e roman de Marco Libro, s’installe dans la région : Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Montpellier. Un polar sur les liens familiaux, où la génétique s’invite comme un personnage inattendu.
disponible à partir du 30 mai 2026
Hérédité
1 / Pascal
Samedi 4 juillet, 16 h 03 Spot des Véliplanchistes
— Allô ! Papa ?
— Oui ?
— Comment ça ?
— Il ne se sent pas bien.
— Je ne comprends rien, c’est lui qui conduit ?
— Non, c’est moi. Je l’amène à la maison.
Avant qu’il n’ait eu le temps d’entendre la réponse de son père, Pascal raccroche et se tourne vers Stéphan.
— Eh ! mec… Ça va ?
— j'ai…?
Stéphan ne termine pas sa phrase. Sa tête tombe en avant, la ceinture de sécurité retient son corps, évitant la chute.
— Eh ! mec… Qu’est-ce que tu nous fais, là ?
Du spot des Véliplanchistes à son domicile, il n’y a que quelques centaines de mètres. Il suffit à Pascal de s’engager sur le rond-point des Véliplanchistes, de laisser l’avenue des Étangs sur sa droite et de s’engager avenue Ferdinand de Lesseps. C’est le chemin le plus court pour rentrer chez lui. Dans son esprit, son père, médecin, pourra examiner Stéphan. Un groupe de cyclistes, avec carrioles de transport d’enfants et de matériel de plage, ralentit fortement sa progression. Le temps pour parcourir les 900 mètres du spot à son domicile lui semble durer une éternité.
Il arrête la 208 Peugeot rouge de Stéphan devant le portail automatique. Il constate avec dépit que son bip est resté dans son propre véhicule. Ce détail lui avait échappé. Il n’a pas d’autre solution que de descendre et de sonner. Première sonnerie : pas de réponse. Il jette un regard à la voiture, Stéphan n’a pas bougé. De longues minutes s’écoulent. Pascal s’excite sur le bouton d’appel, en appuyant frénétiquement dessus. Là encore, il doit patienter. Longtemps. Enfin, la voix de sa sœur Émeline se fait entendre par l’interphone.
— Oui ! Qui est là ?
— C’est moi. Ouvre !
— T’as pas ton bip ?
— Pas le temps de discuter, ouvre.
— Voilààà !
Un long grincement métallique de charnière se fait entendre le temps du fonctionnement du mécanisme. L’ouverture du portail libère la vue sur une grande demeure familiale à la façade d’aspect colonial parée de ses élégantes colonnes cannelées et à la toiture à débord apportant une ombre bienfaitrice en été.
Le portail termine lentement son ouverture. Enfin la voie est libre. Inquiet de l’état de Stéphan, Pascal roule rapidement sur le chemin courbe, recouvert de gravillons blancs. Il stoppe la voiture dans un freinage en dérapage, devant le porche d’entrée. Il klaxonne.
Aucun mouvement. Tant bien que mal, il relève la tête de Stéphan et constate qu’un léger filet de sang s’est écoulé de son oreille gauche et de ses narines. À peine relâche-t-il son maintien que la tête retombe en avant.
— Putain… Ça doit être grave. Mais qu’est-ce qu’il fout, mon père ?
Il sort alors de la voiture, parcourt les quelques mètres qui le séparent de la porte d’entrée en courant, s’engouffre dans le vestibule en criant à l’aide. Toujours pas de réponse. Il traverse le salon à toute vitesse, en ouvre la porte-fenêtre et se rend en trombe sur la terrasse où ses parents dégustent tranquillement un jus de fruits, allongés sur des transats, à l’ombre d’un parasol au bord de la piscine.
— Vite ! Il s’est évanoui.
— Qui s’est évanoui ? demande Émeline qui vient de faire son apparition sur la terrasse.
— Un mec, un copain de kite.
Tous quatre se précipitent auprès de Stéphan, demeuré dans sa position grotesque, retenu par la ceinture de sécurité, les bras ballants, la tête tournée sur le côté, le front reposant sur la planche de bord.
Le constat visuel est édifiant pour Igor qui prend les opérations en main.
— Il faut le sortir de là. Émeline, va chercher une couverture ou une grande serviette, dépose-la sous le porche d’entrée, à l’ombre. Appoline, rapporte des ciseaux, il faudra découper son tee-shirt, ce sera plus facile que de le déshabiller. Pascal, ouvre la portière et aide-moi à le transférer. Il faut l’allonger.
Ils peinent à extraire le corps inerte du véhicule. Une minute s’est à peine écoulée, Émeline a rapporté un drap de bain pris sur un transat de la piscine. Le corps y est déposé, sur le dos. Igor procède aux examens d’usage. Le résultat est inquiétant : pas de pouls, pas de respiration. Il commence un massage cardiaque dans le but de faire circuler le sang jusqu’au cœur et au cerveau, ponctué par un bouche-à-bouche.
— Depuis combien de temps est-il dans cet état ?
— On est montés dans sa voiture et je pense qu’il s’est évanoui tout de suite. Ça circulait mal. Le temps d’arriver, de sonner, le temps que quelqu’un m’ouvre, ça fait au moins un quart d’heure.
…
Roman Policier
278 pages, format 12,5 x 19,5 cm, 17,00 €
Couverture :
Impression quadrichomie sur fond noir, pelliculage brillant.
Feuillets :
Impression noir et blanc recto verso, Papier bouffant blanc 80 g, Reliure dos carré avec mors latéraux collés, double rainage d'aisance.
Imprimé en FRANCE
ISBN 979-10-980124-0-2
Dépôt légal juin 2026
éd Marco-Libro
disponible à partir du 30 mai 2026

